Déterminer ses tarifs en tant que freelance
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Freelance : Comment fixer ses tarifs ? ⎢ Le Guide Complet

Méthode complète et détaillée pour fixer tes tarifs en tant que freelance

Que tu sois graphiste, rédacteur web SEO, web-entrepreneur, coach, formateur, développeur, concepteur de site Internet ; une question est omniprésente chez les freelances débutants, mais aussi les plus expérimentés : comment fixer ses tarifs ?

À la fin d’un échange commercial, le vendeur (en l’occurrence toi, freelance) et l’acheteur (ton client) doivent être heureux. Aucun des deux ne doit se sentir lésé ni sur la prestation fournie ni sur le prix payé.

Pour arriver à cela, je te propose une méthode complète parsemée d’exercices pour apprendre comment fixer tes tarifs en tant que freelance. Tu y trouveras le vocabulaire expliqué clairement (méthode de calcul du taux horaire, méthode de calcul du tarif journalier, comment calculer ton salaire brut, comment calculer ton salaire net, les charges d’un freelance, les charges sociales), des conseils, mais surtout, à la fin de cet article, tu sauras concrètement positionner tes tarifs.

Sans te mentir, cet article est long et tu vas devoir bosser ! Je ne te dis PAS quels tarifs proposer à tes clients, mais je te donnes toutes les clés et te guide afin que tu réussisses à définir les tarifs en adéquation avec tes offres, ton expérience. Et à la fin de l’article, je te donne des conseils afin que tu sois à l’aise avec tes tarifs !

Munis-toi de feuille et d’un crayon. C’est parti !

Comment fixer ses tarifs en freelance ? Bien démarrer.

S’informer sur les barèmes du secteur d’activité

Commence par observer les offres et les tarifs proposés par les personnes travaillant dans ton secteur d’activité.

Cela te permettra « d’être dans le marché ». Tes tarifs ne doivent pas être :

  • beaucoup plus bas que ceux proposés par tes confrères/consœurs, et ce, même si tu débutes. Je sais que ce n’est pas toujours évident, on en reparle à la fin de l’article !
  • Beaucoup plus hauts… Sauf si tu as une réelle expertise à proposer.

Exercice n° 1 : Recherche sur Internet, (site des freelances, plateformes de freelances, etc.) et répertorie les différentes formules et les prix proposés dans un tableau. Ainsi tu pourras voir les grandes tendances dans ton domaine d’activité. Et tu pourras établir une première grande fourchette de prix et avoir des idées de formules et de packs.


Prendre en compte ton niveau d’étude et de formation

S’aligner sur le marché, c’est bien. Mais il est essentiel que tu prennes en compte ton niveau d’étude et toutes les formations que tu as suivies pour développer tes offres de services.

Tu as un Master en graphisme web et tu sais utiliser parfaitement de nombreuses suites de logiciels ? Évidemment que ton travail aura plus de valeur qu’un graphiste proposant des supports visuels à partir de Canva (en passant, j’adore Canva… Mais il est évidemment bien plus facile à prendre en main que Photoshop par exemple ; –))

Lors de tes études ou tes formations — dans lesquelles tu as investi du temps et de l’argent —, tu as développé des compétences qui te permettent de faire un travail d’une grande qualité et souvent unique. Tu dois donc penser dans tes tarifs à amortir tes formations et tes futures formations.


Exercice n° 2 a : sur une feuille A4, nommée « Mes compétences » ; trace 3 colonnes. Dans cette partie tu rempliras la première : « Compétences liées aux formations/niveau d’étude ».

Fais une liste de ce que tu as acquis dans ton domaine de travail grâce à tes formations de toutes tes compétences et des logiciels que tu sais utiliser par exemple.

Intéresse-toi au parcours des autres freelances dans ton secteur d’activité. Ton parcours est-il plus ou moins complet ? Que peux-tu apporter en plus ?


Mettre en avant ton expérience

Se former et acquérir un savoir théorique, c’est une chose. Mais l’expérience est très très importante. Lorsque tu fais, tu apprends beaucoup plus et beaucoup plus vite. Tu fais également des erreurs, que tu ne referas plus.

Bref, grâce à l’expérience tu gagnes en efficacité et en qualité de travail. C’est pourquoi, l’expérience à un coût.

Tes tarifs — en tant que débutant — seront moins élevés que tes tarifs dans un an, dans deux ans, dans dix ans.


Exercice n° 2 b : Reprend la feuille « Ce que je peux apporter à mes clients » et remplis la deuxième colonne nommée « Compétences liées à mes expériences ». Ici tu listes toutes les compétences que tu as acquises grâce à tes expériences. Pense à toutes tes expériences professionnelles, certaines qui semblent n’avoir aucun lien avec ce que tu souhaites faire actuellement peuvent t’avoir apporté une expertise qui te sera utile.


Oser se vendre

Nous y voilà… Un des plus grands blocages : « As-tu peur de te vendre ? »

Si tu es un expert dans ton domaine… ça doit faire bien longtemps que tu as passé cette étape. En revanche, si tu es un freelance débutant, tu dois être en plein dedans. Et c’est normal, nous passons tous (presque ?) par cette étape.

Tu as l’impression de ne pas mériter que l’on te paie pour ton travail ?

Tu crois que la valeur que tu apportes est insignifiante ?

Tu es victime du syndrome de l’imposteur ?

Tu penses que tout le monde peut faire la même chose que toi ?

Rassure-toi, cela passe avec le temps et l’expérience lorsque ta confiance se développe. Mais pour débuter, je te proposer de finir le premier exercice.


Comment oser se vendre ?

Exercice n° 2 c : Tu vas compléter la troisième colonne de la feuille « Compétences », la troisième colonne sera donc nommée « Ce que je peux apporter à mes clients ». Fais le bilan de tes compétences acquises en formation et celles développées lors de tes expériences professionnelles et synthétise ces informations pour écrire clairement ce que tu peux apporter à tes clients.

N’oublie pas de mettre en avant tes plus par rapport aux autres freelances.


Peur de manquer des contrats

Normal. C’est difficile de fixer ses tarifs en tant que freelance, car tu peux avoir peur de passer à côté d’un contrat, car tes prestations sont plus chères qu’un autre.

Mais dis-toi qu’il y aura toujours des freelances qui proposeront des tarifs plus bas que les tiens. La course aux clients avec des prix au rabais, n’est vraiment pas une bonne solution. Tu risques de te retrouver avec une mission pour laquelle tu es sous-payée, tu ne seras alors pas rentable et tu travailleras pour rien. Autant dire que tu n’y mettras pas autant d’attention et de cœur que si tu te sentais payé à ta juste valeur.

Si tu manques un contrat, ne t’en veux pas en te disant que tu étais trop cher. Si tu suis bien les exercices que je te propose dans cet article pour définir tes tarifs à leurs justes valeurs, c’est simplement que tu ne pouvais pas honorer cette prestation dans de bonnes conditions. Les tiennes.

Quand choisir un tarif journalier ou tarif horaire ?

Tu as dû le constater lorsque tu as fait tes recherches sur les barèmes de ton secteur d’activité : certains freelances proposent un tarif journalier alors que d’autres donnent un taux horaire.

Les deux peuvent être utilisés et sont bien évidemment liés, mais nous allons voir quand choisir tarif horaire ou quand proposer un tarif journalier ?

Petite remarque :

Les rédacteurs web SEO utilisent également une autre tarification : le prix au mot. Par exemple, pour un article de blog, il peut demander entre 8 et 20 cts/mot rédigé. De même, les graphistes peuvent proposer un prix au logo ou à l’illustration.

Mais afin de le définir, le rédacteur web SEO ou le graphiste se base sur son salaire horaire ou journalier souhaité.

Salaire journalier freelance

Le tarif journalier des freelances est réellement adapté aux missions longues et/ou missions régulières, te prenant minimum une journée par semaine.

Concrètement :

  • Tu te déplaces dans une entreprise pour bosser sur un projet pendant 10 jours.
  • Tu crées un site web et cette mission te prend 5 jours complets.
  • Tu travailles pour un web-entrepreneur : écriture d’article, rédaction de fiches produits, modification/optimisation des anciens articles, animation de réseaux sociaux, etc., et tu estimes ton travail à 1 journée par semaine.

Opte pour un salaire journalier.

Salaire horaire freelance

Pour les missions courtes ou les prestations ponctuelles en tant que freelance, le tarif horaire est le plus efficace.

Par exemple :

  • Tu planifies les posts sur les réseaux d’un de tes clients et cela te prend 2 heures chaque semaine.
  • Tu fais un audit SEO d’un site e-commerce.
  • Tu mets en page un e-book.
  • Tu crées des visuels pour une formation.
  • Tu fais le montage d’une vidéo.

Ces missions se prêtent bien à un salaire horaire.


Exercice n° 3 : Note sur une feuille nommée « Mes prestations » l’ensemble des prestations que tu peux proposer à tes clients. Aide-toi des exercices n° 1 et 2 pour lister l’ensemble des prestations possibles. À côté de chacune d’elle, note si le tarif horaire ou le tarif journalier est le plus adapté.


Comment établir son salaire net mensuel ?

Quand tu démarres une activité, tu dois t’assurer qu’elle soit viable assez rapidement. C’est ton premier objectif avant même de savoir en tant que freelance, comment fixer ses tarifs. 

Ensuite, tu ajusteras au fur et à mesure tes tarifs en fonction de ton expérience pour parvenir à un revenu confortable qui te conviendra parfaitement.

Ici je ne vais pas te vendre du rêve et te dire que dès ta première année de freelancing tu vas établir tes tarifs directement de façon à pouvoir te payer des vacances de rêves tout en épargnant 1 000 € par mois.

Non, devenir indépendant demande parfois quelques sacrifices au départ. Je ne dis pas non plus qu’il ne faut pas avoir d’ambitieux objectifs, bien au contraire ! Mais chaque chose en son temps.

Définir son salaire mensuel net idéal ?

Eh non, je ne vais pas te demander de partir de ton salaire net idéal… enfin pas de cette façon.

Je vais plutôt te demander de définir 2 salaires nets : ton salaire net minimum et ton salaire net objectif.

C’est sûr, il est toujours chouette de pouvoir s’imaginer quel salaire tu souhaites par mois, pour ensuite construire tes tarifs. Celui-ci couvrirait toutes tes charges personnelles (prêt ou loyer, factures, alimentation…), ton épargne mensuelle (allez hop, j’épargne 1 000 € tous les mois) et tes vacances (je m’offre 4 000 € de vacances par an…).

Pour tout te dire, je ne suis pas (complètement) d’accord avec cette façon de procéder. Pour moi, c’est prendre les choses à l’envers.

Je t’explique pourquoi.

Valider la viabilité de son activité avant tout !

Oui, il faut que ton activité puisse te permettre de vivre confortablement et couvrir tes besoins personnels. C’est bien l’objectif n° 1 d’un travail.

Si tu te lances dans le freelancing, dans l’entrepreneuriat, (même le web-entrepreneuriat) tu n’as pas de réel investissement financier à faire. Mais la toute première des étapes avant de foncer est d’établir un business plan et valider que ton activité sera viable dans le long terme pour toi ou pas.

C’est un grand mot business plan, mais finalement c’est s’assurer qu’il y a une demande et que les tarifs pratiqués permettent d’obtenir un salaire convenable sans travailler 60 heures par semaine.

Le problème de surestimer ses revenus

Si tu pars de ton salaire net idéal, tu risques de surestimer tes revenus. Qui ne le ferait pas ? Il est si facile de se faire plaisir. 😉

Et si tu surestimes tes revenus, tes tarifs seront (peut-être) bien plus élevés que la moyenne du marché… et le temps que tu n’as pas à un portfolio en béton et de bonnes références, tes débuts de freelance risquent d’être difficiles.

Ne pas sous-estimer ses revenus

Dans le cas contraire, si tu sous-estimes tes revenus, tu vas beaucoup travailler sans pour autant avoir suffisamment pour vivre. Tu vas t’épuiser et ton activité ne sera pas viable sur le long terme.

L’objectif est que tu puisses assurer rapidement tes besoins et ceux de ta famille.


Exercice n° 4 : Si tu veux vivre complètement de cette activité : estime le revenu minimum que tu dois avoir par mois pour couvrir tes frais incompressibles (alimentation, factures, loyer ou prêt, 10 % pour tes congés, etc.) afin que tu puisses vivre de ton activité. Ici, je ne parle pas des loisirs : ton budget vacances ou ton budget shopping plaisir… ces frais annexes, tu les prendras en compte après. Quand ton activité sera lancée.

Sur une feuille nommée « Dépenses mensuelles », note tous les postes de dépenses personnelles incompressibles et tu obtiendras ainsi ton salaire net mensuel minimum.

Ajoute ton salaire net mensuel objectif et à quel moment tu aimerais y parvenir.


Quelles sont les charges d’un freelance ?

Les statuts d’un freelance et les charges

Un freelance peut opter pour différents statuts : créer une entreprise individuelle, créer une société unipersonnelle ou opter pour le portage salarial.

Pour chacun de ces statuts, les deux grandes catégories de charges sont les suivantes :

1— le paiement des charges sociales : la cotisation d’assurance maladie-maternité, la cotisation d’allocations familiales, la cotisation invalidité-décès, les cotisations de retraite de base et de retraite complémentaire et la CSG et la CRDS.

2— la fiscalité : impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés.

Dans la partie suivante, je te détaille les charges pour un freelance en autoentreprise. C’est le statut le plus utilisé pour démarrer une activité de freelance ou pour avoir une activité complémentaire et devenir slasheur.

À lire également : avantages d’être freelance et slasheur.

Charges d’un freelance en microentreprise

Charges sociales : 22 %

Les taux de cotisations sociales varient en fonction de la nature de l’activité exercée. Pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC ou BNC), et activités libérales relevant de la Sécurité sociale des indépendants (SSI) ou de la CIPAV au titre de l’assurance vieillesse : le taux est de 22 % du chiffre d’affaires.

Si tu bénéficies de l’ACRE (Aide aux Créateurs et aux Repreneurs d’Entrepreneur), ex ACCRE, tes cotisations sociales sont allégées durant les 12 premiers mois d’activité.

À lire également : en savoir plus sur l’ACRE

Simulateur de charges sociales pour les micro-entrepreneurs : clique ici.

Contribution à la formation professionnelle : 0,1 à 0,3 %

Les contributions à la formation professionnelle varient en fonction de l’activité :

  • 0,1 % du chiffre d’affaires pour les commerçants ;
  • 0,2 % du chiffre d’affaires pour les professionnels libéraux et prestation de services ;
  • 0,3 % du chiffre d’affaires pour les artisans.

La taxe pour frais de chambre consulaire : 0,007 à 0,83 %

Liée aux impôts directs locaux, cette taxe permet de financer :

  • la CCI (chambre de commerce et d’industrie) dont relèvent les commerçants ;
  • la CMA (chambre des métiers et de l’artisanat) dont relèvent les artisans ;
  • la chambre d’agriculture pour les exploitants agricoles.

Les impôts sur le revenu

Tu peux opter pour le versement libératoire, dans ce cas tu paies tes impôts sur le revenu en même temps que tes cotisations sociales : c’est un pourcentage du chiffre d’affaires.

Ce pourcentage s’élève à :

  • 1 % pour les activités de vente de marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou consommer ;
  • 1,7 % pour les activités de prestations de services ;
  • 2,2 % pour les contribuables titulaires de BNC.

Attention, en fonction de la composition de ton foyer et des revenus totaux de celui-ci, un réajustement est possible.

Pour en savoir plus : Imposition du micro-entrepreneur.

Tu peux également choisir prélèvement à la source (PAS). Dans ce cas, les revenus issus de l’activité de micro-entrepreneur donnent lieu à paiement prélevé directement sur le compte bancaire tous les mois ou tous les trimestres.

La CFE

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est due par les nouveaux micro-entrepreneurs dans les mêmes conditions que tout créateur d’entreprise. Ainsi, ils ne bénéficient plus d’exonération spécifique.

Concrètement, la CFE n’est pas due au titre de l’année de début d’activité, à partir de l’année suivante le paiement s’effectue tous les mois de décembre.

Son montant varie en fonction du lieu d’habitation et n’est pas fonction du chiffre d’affaires.

Charges liées à l’activité

Enfin, tu dois intégrer les dépenses liées directement à ton activité. Car même si tu es entrepreneur sur le web et que tu n’as pas de gros investissement, pense à compter :

  • l’achat d’un ordinateur et son renouvellement. Par exemple, si tu es graphiste ou photographe, tu auras d’un matériel plus puissant qu’un rédacteur web par exemple.
  • Les licences logicielles, à payer une unique fois à l’achat ou en abonnement annuel ou mensuel ;
  • ton budget marketing/communication ;
  • tes frais de déplacement ;
  • tes forfaits et abonnements ;
  • ton abonnement à un espace de co-working ou la location d’un bureau ;
  • Etc.

Exercices n° 5 : Sur la feuille « Dépenses mensuelles », liste toutes les charges professionnelles liées à ton activité et les différents pourcentages de charges.

De cette façon tu auras clairement tous les éléments à portée de main pour la suite.


Comment fixer son prix plancher/son seuil de rentabilité ?

Ton tarif plancher te permet de viabiliser ton activité, pour cela tu dois prendre en compte 3 paramètres. Ton seuil de rentabilité te permet :

  1. de payer toutes tes charges ;
  2. de travailler un nombre d’heures convenables et donner une réelle et constante qualité de service ;
  3. de pérenniser ton activité en mettant de la trésorerie de côté.

Exercices n° 6 : Nous allons calculer ton salaire brut mensuel minimum.

J’illustre chaque étape par l’exemple d’une freelance, Annaëlle, qui est en microentreprise (activité libérale).

1/ Tu prends ton salaire net mensuel minimum.

Annaëlle estime grâce à l’exercice n° 4 à 1 500 € son salaire net minimum.

2/ Tu ajoutes tes charges fixes. Généralement celles liées à l’activité + CFE, mais pas celles liées à ton chiffre d’affaires.

Annaëlle — notre freelance — estime grâce à l’exercice n°5, à 200 € les charges fixes mensuelle.

Donc son salaire minimum net charge comprise est de : 1 700 €

Remarque : la CFE se paie annuellement. Tu peux la ramener au mois en divisant son montant par 12.

3/ En tant qu’indépendant, tu n’as pas de congés payés, tu dois donc en tenir compte dans ta facturation. Ainsi, si tu pars sur 5 semaines de congés par an, tu travailles 47 semaines sur 52, soit 90 % du temps annuel. (47/52 = 0,90 soit 90 %)

Tu dois donc augmenter ton salaire brut de 10 %.

Si tu veux prendre 10 semaines de congés : 42/52 = 81 %. Tu devras donc augmenter ton salaire brut de 19 %. Etc.

Pour Annaëlle qui envisage de prendre 5 semaines de congés : 1 700 €/0,90 = 1 888 € => 1 900 €

— > Diviser par 0,90 te permet de connaître le chiffre d’affaire à obtenir avant d’enlever 10 % destiné à tes vacances. Si tu as un autre pourcentage, tu divises par : 1 — %.

4/ Tu ajoutes tes charges liées au pourcentage de ton chiffre d’affaires.

J’arrondis toujours le pourcentage à l’entier supérieur… au cas où les cotisations augmenteraient.

Annaëlle a environ 24 % de charges sociales + fiscales donc, nous partons sur 25 %.

Calcul : 1 900/0,75 = 2 533 €

— > Diviser par 0,75 te permet de connaître le chiffre d’affaires à obtenir avant d’enlever 25 % de charges. Si tu as un autre pourcentage de charges, tu divises par : 1 — %.

Par exemple : 30 % de charges — > 1 – 0,30 = 0,70

Le chiffre d’affaires d’Annaëlle — qui sera son salaire brut mensuel minimum — est de 2 550 €.

Et toi ?


Remarque importante :

En statut de microentreprise, les charges fixes ne sont pas déductibles et font partie intégrante de ton chiffre d’affaires. Ainsi, elles seront déclarées et tu devras payer des cotisations sociales dessus. C’est pour cette raison que j’ai compté les charges fixes avant de calculer le salaire brut et donc ajouté les charges sociales ensuite.

En revanche, le calcul sera inverse pour les statuts en société. Les charges étant déductibles, tu dois partir du salaire net souhaité, ajouter les charges sociales puis tes charges fixes mensuelles.

Le nombre réel de jours travaillés par mois

Maintenant que tu as ton salaire brut minimum mensuel, tu vas déterminer le nombre de jours durant lesquels tu vas travailler. Cette étape est très importante pour comprendre comment fixer ses tarifs en tant que freelance.

Si tu pars du principe que tu pourras travailler 20 jours par mois (le nombre de jours ouvrables chaque mois – moins les samedis, dimanches et jours fériés), tu devras avoir des missions 5 jours sur 7, 8 heures par jour. Mais tu n’auras pas de trou dans ton activité et tu n’auras jamais de temps pour :

  • développer ton activité et ton entreprise ;
  • chercher de nouveaux clients ;
  • préparer et mettre en place des projets ;
  • t’occuper des tâches administratives ;
  • avoir des rendez-vous clients ;
  • partir en vacances…

Tu l’as donc compris, tu ne peux consacrer 20 jours par mois à créer de la valeur directement. Tu dois absolument te réserver une marge importante pour les tâches qui ne rapportent pas directement de l’argent.

Bien sûr le nombre de jours facturés dans le mois dépend de ton type d’activité, de ta façon de travailler, de ta productivité et de ton portefeuille client. Tu l’affineras au cours du temps.

Annaëlle opte pour une moyenne de 4 heures par jour pour ses clients, autrement dit cela correspond :

  • à 20 heures de travail par semaine — > environ 80 – 85 heures mensuel ;
  • ou 2 jours et demi. — > 10 jours par mois.

Exercice n°7 : Combien d’heures hebdomadaires/mensuelles ou de journées destines-tu à la production pour tes clients ?

Quel est le nombre heures travaillées par jour/par semaine ou par mois destines-tu à la production pour tes clients ? Tu peux aussi te l’écrire en fonction du nombre de jours travaillés.


Comment calculer un taux horaire ?

Calcul taux horaire :

Taux horaire facturé = Salaire brut mensuel/Nombre d’heures travaillées par mois.

Le taux horaire facturé de Annaëlle est de :

Taux horaire = 2 550/80 = 32 €

Comment calculer un taux journalier ?

Calcul :

Taux journalier facturé = Salaire brut mensuel/Nombre de jours travaillés par mois.

Le taux journalier facturé de Annaëlle est de :

Taux horaire = 2 550/10 = 255 €


Exercice n°8 : Détermine ton salaire horaire minimum et ton salaire journalier minimum.

Maintenant que tu as toutes les clés en main, tu peux calculer ton taux journalier à facturer/ton taux horaire à facturer en deçà desquels tu ne dois pas descendre.


Établir ses prix en tant que freelance


Exercice n° 9 : Pour chaque prestation que tu as notée sur la feuille « Mes prestations », tu vas déterminer le tarif que tu vas proposer.

Pour cela, procède de cette façon pour chacune de tes prestations :

Étape 1 : Établir ton tarif de base pour chaque prestation

Étape 2 : Ajuster ton tarif 

Étape 3 : Orienter ton client


Notre freelance Annaëlle est rédactrice web SEO. Une de ses prestations est la rédaction d’articles de blog sur une base de 1 000 mots. Voici comment elle peut déterminer son tarif et présenter son offre.

Étape 1 : Combien de temps cette prestation te demande-t-elle de temps de production ?

Question ô combien difficile, mais importante !

Combien de temps as-tu besoin pour réaliser cette prestation ?

Annaëlle met 2 heures pour écrire un article de 1 000 mots optimisés. Son tarif horaire minimal est 32 €. Elle doit facturer au minimum 64 €.

Étape 2 : Quelle valeur vas-tu apporter à ton client ?

Une expertise ne se quantifie pas uniquement au temps passé, mais aussi à la valeur de ta prestation.

Tu dois te poser la question suivante : quels bénéfices en tirera ton client ?

Si un client fait appel à un freelance, c’est pour l’une des 3 raisons suivantes :

  • Gagner du temps ;
  • Gagner de l’argent ;
  • Arrêter de perdre de l’argent.

Si ton travail est un réel levier dans la stratégie de ton client et qu’il lui permettra de gagner beaucoup plus d’argent que celui investi dans ta prestation… ne reste pas surtout pas au tarif minimum ! Mais pour cela il faut que tu aies bien pris conscience de la valeur de ton expertise.

Si tu es freelance débutant, c’est peut-être un peu tôt… Tu dois déjà faire tes preuves et te construire un portfolio solide. Mais conserve cette question dans un coin de ton esprit ? Si tu es plus expérimenté, c’est un point à travailler !

Annaëlle sait qu’elle peut rédiger des articles qui seront très bien placés dans le SERP (elle l’a déjà fait !). Cette compétence permet à son client d’obtenir du trafic organique et qualifié (Annaëlle fait bien son travail) et que grâce à celui-ci son client pourra gagner de l’argent. C’est pourquoi elle ne va pas facturer au tarif minimum, mais plutôt se concentrer sur les bénéfices financiers de son client en fonction du profil de celui-ci. 

Étape 3 : Laisser le choix à ton client

Commercialement, il est très intéressant de proposer 3 offres différentes à ton client afin qu’il ne se pose pas la question : « Est-ce que j’accepte le prix ? », mais « Quelle offre est la plus adaptée ? »

Voici les offres proposées par Annaëlle.

  • Offre n° 1 : offre de base.

Un article optimisé de 1 000 mots pour 80 €.

  • Offre n° 2 : offre avancée, la plus polyvalente ;

Un article optimisé de 1 000 mots, avec intégration dans le CMS, titre copywrité, ajout de la méta description et la recherche d’une image libre de droits pour 127 € ;

  • Offre n° 3 : offre ultra-complète.

Un article optimisé de 1 000 mots, avec intégration dans le CMS, titre copywrité, ajout de la méta description, recherche de 4 images libre de droit, analyse du contenu de son article par 1.fr et ajout de 3 à 5 liens internes pour 167 €.

Comment assumer ses tarifs de freelance débutant ?

Si comme Annaëlle, ton taux horaire minimum est proche des 35 €, tu dois facturer une journée de 8 heures environ 280 €.

Ce prix n’est pas toujours facile à assumer lorsque l’on est débutant. Et du coup, tu te dis qu’à ce tarif, tu ne vas jamais trouver de client…

Mais pour tenir tes objectifs, je te rappelle que tu dois vendre (seulement) 10 jours de travail par mois.

Si tu travailles avec des clients réguliers à raison de 2 jours par mois pour chaque client, tu devras donc trouver entre 4 et 5 clients prêts à investir en toi.

Et si tu démarres ton activité… tu as tout ton temps pour prospecter !

N’hésite pas à me dire dans les commentaires si ce guide et les différents exercices que je t’ai proposés t’ont aidé à établir / réajuster tes tarifs ? 🙂

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